En France, un tiers des exploitations agricoles ont moins de 25 000 € de chiffre d’affaires. Ceux-là ne sont pas des agriculteurs, ils vivent des aides. »
Cette phrase de Laurent Duplomb n’est pas qu’une erreur comptable, c’est une insulte à l’intelligence du terrain.
Regardez cette infographie :
📈 Rendements : +360%
📉 Revenu net : -40%
📉 Nombres de paysans: -83 %
Le constat est sans appel : La course au volume est une machine à broyer du revenu et des paysans.
En tant que formateur en BP REA et éleveur, voici ce que je vois :
1️⃣ La confusion entre CA et revenu :
Un agriculteur qui fait 25k€ de CA en système herbager économe peut être plus libre et plus solide qu’un agriculteur à 500k€ de CA étranglé par ses dettes de matériel et ses factures d’engrais.
Qui est le plus « agriculteur » ? Celui qui gère son autonomie ou celui qui travaille pour sa banque ?
2️⃣ La déconnexion du modèle :
Si produire toujours plus conduit à gagner toujours moins, le problème n’est pas la taille des fermes.
C’est le système de partage de la valeur.
3️⃣ Le mépris de la relève :
Dire cela, c’est condamner d’avance les porteurs de projet en maraîchage, en circuits courts ou en agriculture de conservation qui privilégient la valeur ajoutée au volume brut.
Mon expérience de terrain m’a appris une chose :
Quand j’ai transformé ma ferme pour passer au plein air, j’ai réduit mes effectifs. J’ai baissé mon volume. Mais j’ai repris le contrôle de ma vie et de ma cohérence.
Le vrai métier de paysan, c’est transformer des ressources naturelles en nourriture, tout en restant cohérent avec soi-même. Pas de servir de variable d’ajustement à une filière exportatrice qui ne nous rémunère plus.
Produire plus ne veut plus dire gagner sa vie. Il est temps de changer d’indicateur de réussite.
Êtes-vous d’accord pour dire que la performance d’une ferme se mesure à ce qu’il reste dans la poche du paysan, et non à ce qui s’affiche en bas de sa facture ?
